C’est la faute à l’ordinateur.

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Quand on vous dit “c’est la faute de l’ordinateur”, ou “c’est à cause de l’informatique”, n’en croyez pas un mot ! Car derrière l’ordinateur il y a le couillon qui a commis la bêtise en question. Et l’actualité nous offre encore plus croustillant que nos déboires avec la caissière qui refuse de nous rembourser un article défectueux “à cause de l’informatique”. Voici quelques perles trouvées dans les médias, genre fenêtres ouvertes sur l’infini. L’infini de la bêtise, bien entendu.

> La rédaction du magazine “Cash investigation” du 18 octobre 2016 a eu accès à des documents confidentiels sur le contrat passé entre le ministère de la Défense et le géant Microsoft. Le leader mondial et états-unien de l’informatique a été choisi pour équiper deux cents mille ordinateurs de l’armée française. Un choix onéreux pour les finances publiques et contraire aux plus élémentaires précautions pour la sécurité nationale ! La journaliste Elise Lucet a mis en évidence les failles des logiciels états-uniens  qu'utilisent les militaires français. Pourtant, il était tellement plus simple d’utiliser des logiciels libres (donc gratuits), et “taillés sur mesures”, puisque le code source est accessible et modifiable (au contraire de ceux de Microsoft qui contiennent des portes dérobées, sortes de liens pour espionner les utilisateurs).
Vous avez dit : Intelligence avec une puissance étrangère ? Intelligence, faut voir…

> Hôpitaux de Paris : quatre vingts millions volatilisés à cause d’un bug. Le basculement vers un nouveau logiciel de gestion financière en 2011 aura coûté quatre vingts  millions d’euros à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (“Le Parisien” du 4 octobre 2016). Cette perle est extraite d'un rapport jusqu'ici confidentiel de la chambre régionale des comptes portant sur la gestion de l'AP-HP entre 2010 et 2014. Selon ce rapport, “l'ensemble des informations nécessaires pour facturer et relancer les patients qui n'avaient pas encore payé” ont été effacés des mémoires des ordinateurs en 2011, au moment de l'installation d'un nouveau logiciel. Ils n’avaient pas pensé à faire une sauvegarde ? Ainsi, quatre vingts millions d’euros exigibles en 2011 sont partis en fumée, “considérés en perte réelle et définitive et inscrits de manière transparente dans les comptes 2014“, reconnaît l’AP-HP.
Je ne sais pas si c’est seulement pour ça, mais Mireille Faugère, directrice de l'AP-HP durant la période mise en cause par la chambre régionale des comptes, a été “remerciée” et remplacée par Martin Hirsch. Comme quoi, on peut avoir fait HEC, gagner trois cents mille euros brut par an et être nulle dans son boulot. Les diplômes ne vaccinent pas contre les conneries !

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> Sous le titre “Le logiciel bigleux de Bygmalion”, Le Canard enchaîné du 19 octobre 2016 en raconte une bien bonne. Je cite. Les flics chargés d'analyser les disques durs saisis lors des perquisitions à l'UMP et chez Bygmalion ont dû, pour leur enquête, utiliser un logiciel de démonstration. Motif ? Il n'y avait pas les sous pour acheter la version commerciale ! À votre bon cœur… ironise le “Canard”.

Du coup, l'enquête informatique s'est faite au rabais : à cause de ce logiciel à deux balles, le résultat des requêtes s'est révélé plein de vide. Et ce n'est pas tout. L'examen des PV montre que les enquêteurs n'ont pas toujours posé les bonnes questions, et que certaines bonnes questions n'ont pas été posées. Ainsi, lorsqu'ils ont passé au crible le disque dur de Lavrilleux, responsable de la logistique pour la campagne de Sarko, les poulets n'ont jamais eu l'idée de taper “Nicolas Sarkozy”, ni “Sarko”» ou même “N.S”. Sur le disque dur de l'ordinateur d'Alvès, le dirigeant de Bygmalion, ils ont bien procédé à une recherche avec le terme “meeting”, sauf qu'ils l'ont orthographié “metting”, Philippe Blanchetier, l'un des protagonistes de l'affaire, est, par ailleurs, devenu “Blanchemer” sous la frappe des policiers chargés de la pêche dans les données informatiques. Résultat garanti: “Inconnu”. 

On se demande bien pourquoi, dans le cadre d'une enquête sur un financement illégal de campagne, les flics n'ont pas cru bon d'entrer les mots “marges”, “campagne”, “comptes de campagne”, ou” Event et Cie”, le nom de la filiale événementielle de Bygmalion qui assurait les meetings de Sarko.

Ils l'ont fait exprès, ou quoi ? écrit Le Canard avant de conclure : Avec la ferme volonté de ne pas chercher, on finit par ne pas trouver …. 

C’est la faute de l’ordinateur, vous dis-je !

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