“Atlas sonore des langues régionales”. Exemples du parler berrichon.


L’Atlas sonore des langues régionales de France se présente sous la forme d’une carte qui contient 413 transcriptions de la même fable et 413 enregistrements sonores réalisés dans les provinces de France et en Outre mer. Elle le résultat du travail de deux linguistes, chercheurs au CNRS : Philippe Boula de Mareuil et Albert Rilliard et d'un chercheur en visualisation d'information, à l'Université Paris-Sud : Frédéric Vernier. 

Cette fable d’Ésope peut être écoutée et lue en français (en cliquant sur Paris) et en langue régionale ou en parler local (en cliquant sur les différents points à choisir sur la carte). Vous constaterez de légères différences dans les mots et la prononciation selon le lieu dans l’ancienne province de Berry ou sa périphérie, qui s’ajoutent aux différences d’adaptation du texte par les différents auteurs. Au passage, vous pourrez entendre la voix de Michel Pinglaut à qui l’on doit la contribution du parler berrichon du Sancerrois et qui m’a fait connaître cet Atlas pas banal…. Je vous souhaite de prendre autant de plaisir que j’en ai eu en faisant cette promenade en langue française et dans les parlers régionaux.

Voila les textes et le lien pour consulter L’Atlas sonore des langues régionales et des parler locaux. https://atlas.limsi.fr/


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En Français moderne : La bise et le soleil se disputaient, chacun assurant qu'il était le plus fort, quand ils ont vu un voyageur qui s'avançait, enveloppé dans son manteau. Ils sont tombés d'accord que celui qui arriverait le premier à faire ôter son manteau au voyageur serait regardé comme le plus fort. Alors, la bise s'est mise à souffler de toute sa force mais plus elle soufflait, plus le voyageur serrait son manteau autour de lui et à la fin, la bise a renoncé à le lui faire ôter. Alors le soleil a commencé à briller et au bout d'un moment, le voyageur, réchauffé, a ôté son manteau. Ainsi, la bise a dû reconnaître que le soleil était le plus fort des deux.


À Sancerre en parler berrichon : L'abisoi et le soulé étaient en bichebêche, châcun geint qu'i était le plus forci, quanqu'il ont vu un marcheux qui se mouvait, embobeliné en sa p'lure. Il étaient en convergence que ça qui aveindrait le preume à débiller l'marcheux s'rait argaddé coume le plus forci. L'abisoi s'est mettu à y bouffer à s'éboustifler, mais plus a' bouffait, plus l'marcheux embobelinait sa plure à son entour de li et à la fin faite, l'abisoi a arnoncié à y li débillé. Le soulé a coume a pris à y lizarder et enprès un bout de temps, l'marcheux, archaudi, s'est débâté. Par ainsi, l'abisoi a dû endurer que le soulé avait le pompon des deuzes, mieux qu' qui qu'i seie. 


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À Lignières en parler berrichon : La bise anc l' soulé i' s'armandin, v'lin tous deux êt' el pus fort quand qu'ils l'ont vu un courandier qui m'nait tout enverloppé dans sa limousine. Tous deusses, il' l'ont dit que cell' la là qui f'rait tumber sa limousine, ça s'rait l'pus fort. Ça fait que l'vent fré i s'est mis à bouffer tant qu'i' pouvait, mais tant pus qu' ça bouffait, tant pus qu' l' courandier i' serrait sa limousine autour de lui ! si ben qu'l' vent fré il a pu voulu y faire enlever. Sus' coup d' temps là, le soulé a rayé et au bout d'un moument, l' courandier l'a attrapé la chaud et pis... pis l'a ôté sa limousine. Ça fait que le vent... l'a ben été obligé d'arcounnait'e que l' soulé l'était l'pus malin des deux !


À Neuilly- en-Dun en parler berrichon : La bise et le soulail se jaspigniont, chaisquin asseurant queul étét le pus fourt. Quan è-z-y ont visu queul'in viyageor qui s'avinçét enverloupé, dins son mantiau, è-z-y sont ben toumbés d'accord queul çoli queul réeussirait le primier à far inlever son mantiau au viyageor srait agardé coume le pus fourt. Alours, la bise s'è mettue à bouffer do tote sa fource mouais pus alle bouffét, pus le viyageor sarrét son mantiau autou do li. Et à l'achabemint, la bise a renouncé à li far inlever. Alours, le soulail a coumincé à rayer et au bout d'in moumint, le viyageor, reuchauffé, a quitté son mantiau. Ansi la bise a devu recounaîte queul le soulai étét le pus fourt. 


À Lavau en parler berrichon :  L’abisouée pis l'soleil i distchutaint, châtien i disait qu'il'tait l'pus drut quante c'ée qu'il on aparçu un trôleue qui m'nait, enloupé dans son mantiau. I s'sont accordés pou die que l'ceu qu'érivrait el promier à yi fée oûter son hébit, i s'rait r'gardé comme el pus drut. D'un coup, v'là qu'l'abisouée a souffelle à décorner lée bœufs, pis... pus qu'a souffelle, pus que l'train-niau i frome son mantiau autour de lui... Tan et si bin qu'à fine force, l'abisouée a r'nonce à yi fée oûter. Arriée, el soleil i s'met à clairdie pis chauffer si bin si bel qu'el train-neux il oûte sa gan-nèche ! Du coup, l'abisouée a l'a bin été forcée ed die qu'el soleil il'tait l'pus drut dée deux. 


À Giry en parler berrichon : L’vent pi l'soulé al tint pas d'accord. C'est moué l'pu fort qu'a disait l'vent ; non, c'est moué qu'a disait l'soulé. V'la qu'arrive éne houme, sûrment bin un chmineau, brament enloupé dans un mantyiau. Lé senne qué va y fai outyé l'mantyiau l'premier, c'est li qu'est l'pu fort d'entermi nous deux. Vla qué l'vent s'met à bouffer l'pu fort qu'a peut. L'pu qu'a bouffait, pu l'houme s'raquaqueugnait dans son mantyiau. Ma foué, l'vent bin pityeu al a même pu essayé. L'soulé s'est montré, pi ma foué après un moument, c'thoume al tait tout décrulé (ou arquinquyé) al a outé son mantyiau. A bin fallu qué l’vent al arcounnaisse qué l’soulé était pu fort qué li. 

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