Maxime Camuzat, mes vacances à La Borne dans les années cinquante.

Rozan-Camuzat

Avant de donner la parole à Maxime Camuzat, je dois avouer que, comme lui et ceux qui ont connu les années cinquante, je ressens souvent une certaine nostalgie. On m’envoyait chercher le pain, le journal, ou le lait dans un pot en aluminium. Le goûter c’était, du pain et du beurre et du chocolat. Je jouais dans le jardin, ou au square où je retrouvais les copains pour des parties de billes et de “Tour de France”. Lorsque mon père m’emmenait en moto, on ne portait pas de casque. Et plus tard, la Dyna Panhard n’avait pas d’airbags (ni de chauffage)… Les gens avaient un potager derrière la maison, un poulailler, un té à lapins, une cave à charbon et les cabinets étaient au fond du jardin. On écoutait Radio Luxembourg et les chansonniers le dimanche matin. On reprenait les couplets de : “Un Jour tu verras”, par Mouloudji, “Un gamin de Paris” par Yves Montand, “Étoile des neiges” par Line Renaud. C’était la guerre d’Indochine, puis la guerre d’Algérie et Boris Vian écrivait “Le déserteur” (en 1954), mais ça on ne l’entendait pas à la radio

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Nostalgie des années cinquante, enfance, adolescence, on aime bercer ces souvenirs. Ceux de Maxime Camuzat ce sont les vacances à La Borne. Eh oui, même les berrichons connus ont été jeunes et connaissent la nostalgie des années cinquante ! Laissons le raconter.

“Les parents de ma mère (Francine Dureau était son nom de jeune fille), étaient établis à La Borne où mon grand père (Jean Dureau 1855-1932) était sabotier, et ma grand mère Juliette était lavandière. Ma grand mère était une parente de Edmond Godefroid, secrétaire du syndicat des bûcherons. Ces attaches avec La Borne sont sans doute la raison pour laquelle, mes parents nous y emmenaient en vacances mes deux frères et moi, chaque été durant les années cinquante, pendant les trois semaines de congés payés auxquelles mon père avait droit à cette époque.

Je dois dire que pour moi, à La Borne, ce furent des vacances inoubliables dont je garde encore un souvenir ému et de belles images.

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Nous vivions modestement (mon père était maçon), et se rendre à La Borne était une petite expédition. Mon père, ma mère, mes frères, France, Gilbert et moi, nous quittions Bourges et notre domicile de l’avenue Marx Dormoy et montions dans l’autocar pour Henrichemont avec nos bagages et des cageots de légumes cueillis dans le “marais” de mon père. Une fois arrivés à Henrichemont, si une voiture ne venait pas nous chercher, on faisait quatre kilomètres de route à pied jusqu’à La Borne. Une fois, quel événement, on nous a invités dans une traction avant Citroën !

Pour atteindre à La Borne, il fallait traverser la forêt, là, je pénétrais dans un tout autre monde que celui que je connaissais en ville. Un monde rempli d’autres histoires avec comme personnages des bûcherons et des potiers…..

Nous logions près de chez Rozan Foucher, dans une maisonnette sur le chemin du lavoir. De là il m’arrivait d’imaginer ma grand mère Juliette, arrivant au sommet de la longue côte du chemin du lavoir, bien fatiguée d’avoir poussé sa brouette remplie de linge humide. Je me souviens aussi qu’il y avait une épicerie pas loin de la maison où ma mère faisait ses emplettes.

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Le courrier nous était apporté par le facteur de Morogues. Mais, à cette époque là, puisque La Borne dépendait de deux communes, les bornois recevaient leurs lettres des mains de deux facteurs, celui de Morogues et celui d’Henrichemont. Des années plus tard, j’ai fait partie de ceux qui ont demandé et obtenu que l’on n’ait ici qu’une seule adresse postale, et que le courrier soit distribué par un seul bureau de poste, celui d’Henrichemont.
Mais revenons aux années cinquante… Pour mes frères et moi, le facteur de Morogues était un personnage impressionnant ; en effet, il arrondissait ses fins de mois en attrapant des vipères pour vendre leur venin. Parfois il en sortait une de sa musette, sans doute pour impressionner les gamins que nous étions. Frisson garanti !

On allait se promener en famille vers le bas de la colline, vers Morogues, et dans les forêts pleines de fraîcheur. J’avais fini par connaître tous les chemins et les sentiers. Parfois, dans le lointain, on pouvait apercevoir Bourges. Ces balades ont été pour moi inoubliables, je sens encore l’odeur des arbres et le parfum des girolles que nous ramassions dans les sous-bois !

Mes frères et moi aimions aider Rozan Foucher à sa ferme qui était toute proche. On nourrissait les chevaux et les autres animaux de l’étable, on participait aux foins, on montait sur les chevaux. Les sons et les odeurs de la paille et du fumier parvenaient jusqu’à la maison. 

MaximeCamuzat-LaBorne

Pendant que mes parents faisaient des parties de cartes avec nos voisins, les Pamphyle, nous jouions avec leurs enfants Nicole, Daniel et André. Parfois, on allait modeler la terre chez le potier Marius Bernon.

Je dois dire que, depuis ce temps, j’ai conservé un penchant très fort pour La Borne, et j’y suis revenu en privé aussi souvent que possible. 

Et, au début des années 2000, quand il a été à nouveau question de la création du Centre céramique, j’ai été heureux en tant qu’élu d’appuyer le projet avec Alain Raffesthain, Yves Fromion et Jean-Claude Morin, et nous avons uni nos efforts pour débloquer une situation qui stagnait depuis longtemps.” 

> Aujourd’hui éloigné de la vie politique, Maxime Camuzat a été salarié de Giat Industries, et durant de nombreuses années Maire PCF de Saint Germain du Puy. Maxime Camuzat a été vice-président de l’Association des maires de France, conseiller général du canton des Aix-d’Angillon, vice-président du conseil départemental du Cher et vice-président de l’agglomération de Bourges. 

On voit que ses années d’activité n’ont pas dénoué son lien particulier avec notre village. Preuve, s’il en était besoin, que La Borne n’est pas “un village comme les autres”…


> Photos de haut en bas. 1/Avec Rozan Foucher et le poulain. 2/ En forêt et en famille : Louis, Francine, France et Maxime Camuzat, le photographe est probablement Gilbert. 3/ Devant la maison, chemin du lavoir. 4/ Maxime Camuzat, premier du canton au certif’ ! 5/ À califourchon sur les chevaux de Rozan Foucher, en compagnie de Gilbert et France. 6/ À La Borne en 2018.

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