Pascal Ory : l’aventure de la Maison de la culture de Bourges de Gabriel Monnet.

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Il y avait salle comble le 4 décembre dernier aux Archives départementales du Cher, pour la conférence de Pascal Ory, “La Maison de Gaby” ou l'histoire de la Maison de la culture de Bourges de Gabriel Monnet. Durant cette soirée organisée par l’association Double Cœur, le public a pu voir et entendre de larges extraits video d’une interview de Monnet par Pascal Ory en 1982. Ces images d'archives sont conservées et numérisées par Ciclic. C’est la première des trois parties de l’interview qui figure en tête de cette page de gilblog.

> Pascal Ory a commencé par un bref exposé historique, que je résume à ma façon (en m’aidant parfois de Wikipedia). La première Maison de la culture en France est fondée à l’initiative de Paul Vaillant-Couturier en 1935 à Paris, Louis Aragon en est le secrétaire général. Elle fait partie de ”L'Association des Maisons de la culture” dans le contexte du Front populaire. Il s'agit de mettre l'art à la portée du peuple, dans tout le pays et sous toutes ses formes. Le terme apparaît également dans la bouche d'André Malraux et Gaëtan Picon, militants de la Ligue des intellectuels contre le fascisme. 

Nommé ministre des Affaires culturelles en 1959 par le président De Gaulle, Malraux relance ce projet. Il annonce aux députés qu'une maison de la culture par département devrait voir le jour avant trois ans, afin que ”n'importe quel enfant de seize ans, si pauvre soit-il, puisse avoir un véritable contact avec son patrimoine national et avec la gloire de l'esprit de l’humanité"

En mars 1961, la Commission de l’équipement culturel et du patrimoine artistique du Quatrième plan acte l'ouverture de vingt maisons de la culture en quatre ans ! (Mais elles ne verront pas toutes le jour…). Dès lors, Malraux en fait un axe de sa politique ; les Maisons de la culture sont de ”modernes cathédrales”, pour ”rendre accessible les œuvres capitales de l'humanité au plus grand nombre de Français” (décret de création du ministère des Affaires culturelles). 

Le concept de maison de la culture s'inscrit à la fois dans la politique de décentralisation culturelle, commencée sous le Front populaire et la Quatrième République, et dans la pensée de Malraux. L'idée est de créer à travers la France, des structures d'accueil pour la diffusion de la culture savante sur tout le territoire, et non plus seulement à Paris, auprès du public le plus large. En même temps, de nombreuses troupes de théâtre populaire animent la vie culturelle dans de nombreuses villes.

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L’activité de la maison de Gaby est foisonnante et ne se limite pas au théâtre, de nombreuses expositions, d’autres formes de spectacle s’y déroulent. La ”Macu” devient un lieu incontournable de la vie berruyère, il s’y passe toujours quelque chose, on vient y prendre un pot à la cafétéria et rencontrer les amis… 

En mai 68, un vent de contestation souffle sur les Maisons de la culture, dont certaines deviennent un lieu de discussion permanent. Les gens de théâtre y prennent leur part. Cela se produit aussi à Bourges, et les rapports de Gabriel Monnet et de la municipalité en seront affectés sérieusement, ce qui provoquera son départ pour Nice en 1969.

En 1991, les maisons de la culture sont regroupées avec les centres d’animation culturelle et les centres de développement culturel au sein du label ”Scène nationale”. En janvier 2010, la maison de la culture de Bourges est devenue un établissement public de coopération culturelle (EPCC), elle est labellisée “scène nationale. Certains esprits critiques y voient une sorte de reprise en mains, et un changement d’ambition en faveur de programmes plus consensuels et plus fades. En parallèle, des élus locaux ont compris l’utilité d'une politique culturelle locale, tandis que d’autres abandonnent cette responsabilité à la Région ou à l’État. Les maisons de la culture ont vécu.

Au-coeur-de-la-ville

> Dans la video de sa conversation avec Pascal Ory, Gabriel Monnet raconte son parcours culturel et tous les évènements qui ont entouré la naissance de la Maison de la culture, sa rencontre avec Pierre Potier avocat-avoué de Sancerre passionné de théâtre, Jean Dasté de la Comédie de Saint-Étienne et Raymond Boisdé maire de Bourges de 1959 à 1977. Toutes ces rencontres ont contribué à l’installation de Gabriel Monnet à Bourges pour devenir le premier directeur de la MCB. L'entretien aborde les mouvements politiques de 1968 qui ont abouti à la rupture de la convention par Raymond Boisdé. Enfin, Gabriel Monnet évoque avec émotion son départ de Bourges. Une phrase s'inscrit sur fond noir : "C'était un entretien de Pascal Ory avec Gabriel Monnet”…..

> L’association Double Cœur, Pascal Ory et Ciclic envisagent l’édition de ces entretiens en un DVD accompagné d’un livre, en 2021 pour le centenaire de la naissance de Gabriel Monnet. En attendant, vous pouvez consulter les trois parties de cette video sur le site de Ciclic, dont il faut saluer le travail pour la constitution d’un trésor d’archives consultables par tous sur le site web. 
Gabriel Monnet, premier directeur de la MCB (1/3).
>>> Lien.
Gabriel Monnet, premier directeur de la MCB (2/3). >>> Lien.
Gabriel Monnet, premier directeur de la MCB (3/3). >>> Lien.
Le site web de Ciclic. >>> Lien.
Lire dans gilblog : “La Maison de Gaby”. Les années Gabriel Monnet à Bourges. >>> Lien.


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