Michel, citoyen de Bourges.

Berry-Michel de Bourges

George Sand écrit de lui : il avait une très belle voix “une voix fauve”, “une parole nerveuse et succulente”, il avait "cette puissance, cette bravoure et cette rudesse d'honnêteté qui faisaient sa plus grande force... C'était un homme à tout oser en matière politique, et à tout dire sans le moindre ménagement".

Michel de Bourges (1797-1853) fut un avocat brillant, journaliste et républicain engagé.  Il fut à plusieurs reprises élu du peuple. Il plaida maintes fois au Palais Jacques Coeur, qui fut au cours de sa longue histoire, le Palais de justice de Bourges. L’exposition conçue par Bernard Hamon rétablit la stature d’un personnage historique qui a contribué à l’enracinement des idées républicaines dans le Cher… et en France. Grâce à cette exposition, on découvre un Républicain passionné (à une époque où il ne faisait pas bon l’être), et on revoit des pages de notre histoire, bien dépoussiérées… À ne pas manquer !

Le 30 octobre 1797, naît à Pourrières (Var) Louis-Chrysostome Michel. Sept mois plus tôt, son père Jean-Baptiste a été assassiné par des brigands royalistes. Ce fils posthume d'un martyr républicain deviendra le fameux Michel de Bourges.

Il “monte” à Paris pour faire son droit  et se lie aux mouvements républicains clandestins (la Charbonnerie). Il fréquente Thiers, Manuel et Buonarotti (La Conspiration des Égaux).

Reçu avocat en 1826, il s'inscrit au barreau de Bourges, épouse une riche veuve et acquiert la réputation d'un avocat travailleur et talentueux qui ne se ménage pas. Ce républicain intransigeant “incisif et retentissant", lutte sans cesse contre la Restauration royaliste et devient fameux pour ses plaidoiries redoutables. Il est au premier rang à Bourges en juillet 1830, lors de l'insurrection où il prend la tête de l'opposition, il fait arborer le drapeau tricolore et empêche le général Canuel d'envoyer un régiment de cuirassiers de Nevers contre les émeutiers.

Il publie un journal quotidien d'opposition : "La Revue du Cher". Le 27 juillet 1831, lors du premier anniversaire de la Révolution, Michel de Bourges, avec quelques amis, plante un Arbre de la Liberté, contre l’avis du maire de Bourges. La troupe est appelée et disperse les manifestants, on arrache l'arbre de La Liberté planté près de la place Séraucourt. Une dizaine de personnes dont Michel de Bourges sont arrêtées, il est incarcéré après jugement à un mois de prison au Palais Ducal (qui était alors la prison de Bourges). Au cours de sa vie il sera  toujours surveillé par la police, plusieurs fois suspendu, arrêté, sans que cela entame jamais ses convictions.

En 1831, il obtient l'acquittement de dix-neuf membres du Comité d'action républicain. En 1834-1835, c'est un des défenseurs des républicains lors du procès monstre - deux mille prisonniers politiques - devant la haute cour de justice, et notamment les Canuts de Lyon. Il a cette formule : "l'infamie du juge fait la gloire de l'accusé".

Michel de Bourges est de 1835 à 1837, l'amant de George Sand, dont il défend les intérêts comme avocat. Pendant leur relation, il contribue à forger les convictions républicaines et socialistes de l’écrivain.

À la suite de la manifestation du 15 mai 1848, il est l'un des avocats des accusés traduits devant la Haute Cour de justice de Bourges en mars-avril 1849 au Palais de Justice (le Palais Jacques Coeur), parmi ceux ci : Blanqui, Ledru-Rollin, Louis Blanc, Raspail.

Élu à l'Assemblée législative en 1849, député de la Montagne, il prononce plusieurs discours énergiques. Il déclare que le peuple, "sentinelle invisible", pourra s'opposer au coup d'État de Napoléon III. En décembre 1851, il se dresse contre la violation de la Constitution et doit s'enfuir en Suisse, puis en Belgique.

Au terme d'une vie riche en événements, Michel de Bourges meurt à Montpellier le 16 mars 1853. Il repose aujourd'hui dans le plus ancien des cimetières de Bourges, le cimetière des Capucins (entre la place Malus et la place des Marronniers).

Exposition Michel, citoyen de Bourges.

Palais Jacques Coeur. 10 bis rue Jacques-Coeur. 18000 Bourges. 02 48 24 79 42

Fin de l’exposition le : 15/03/2009. Horaires 9h30 à 12h et 14h à 17h15

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