Maison de la culture de Bourges. J'ai fait un rêve....

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Mardi 9 juillet 2013, l'association des Amis de la Maison de la culture de Bourges organisait une réunion publique dans la salle des délibération du Conseil Général. Le sujet était : la présentation du projet de Christian Gimonet pour édifier la nouvelle MCB sur le site. On aurait pu l'intituler "J'ai fait un rêve...."

> Le projet de Christian Gimonet pour réinstaller la Maison de la culture sur son site est celui d'un visionnaire, mais un visionnaire qui a les pieds sur terre, pas un adepte des travaux pharaoniques. Et surtout, Christian Gimonet est un citoyen, un homme de culture, un de ces architectes qui placent l'humain au centre de leurs projets. 

Dans la première partie de son exposé, l'architecte se réfère au glorieux passé de la Maison du peuple, oeuvre du jeune architecte Marcel Pinon, voulue par le maire de Bourges Henri Laudier. La qualité architecturale du bâtiment ne se résume pas à sa façade, mais surtout à ses volumes intérieurs (probablement inspirés de Le Corbusier). Le monument inachevé devient la Maison de la culture de Bourges grâce à Malraux, elle prend son essor avec Gabriel Monnet, elle enrichit la vie des berruyers. C'est un élément du patrimoine de Bourges qui mérite de vivre en tant que lieu de culture, et pas seulement d'être "conservé".

> Pour ces raisons, Christian Gimonet projette de réinstaller la Maison dans ses murs et d'enrichir et d'animer cette partie de la ville par un nouvel aménagement urbain. C'est ainsi que le terrain peu occupé de la caserne Condé, l’Esplanade de l’Europe (place André Malraux) et la place de la Résistance, deviennent des lieux organisés pour y vivre, et pas de banals passages pour les voitures et les piétons. Le projet s'appuie sur une nouvelle affectation des espaces existants (certains sont fermés et peu utilisés), pour en quelque sorte, les rendre aux berruyers. 

Les volumes du site originel, le hall et le stabile de Calder retrouvent leurs places. Une passerelle réunit les deux salles d'exposition et les deux cinémas situés sur le site à la salle de théâtre posée devant la caserne Condé (à l'emplacement du bâtiment actuel). De la passerelle les regards embrassent d'un côté les arbres du jardin de l'archevêché, la cathédrale et la mairie, de l'autre côté la ville versant Auron et les lointains. Cette passerelle fait de la place de la Résistance un élément attractif. Les véhicules et les piétons passent dessous. Les passants déambulent sur l’Esplanade de l’Europe avec ses fontaines et ses drapeaux. Le centre ville est enrichi par cet ensemble architectural, les cafés en font un lieu convivial, la vie nocturne est rendue possible, c'est une espèce de rééquilibrage du haut de la rue Moyenne.

Et les fouilles ? Le site des thermes gallo-romains reste libre pour les fouilles ; après ce temps, une nouvelle affectation, comme un théâtre en plein air (?), peut lui être donnée. 

En somme, un projet ambitieux (mais économique car il utilise l'existant), dont la qualité se situe dans le domaine culturel et social et dans le prestige que retrouverait la ville à posséder une belle Maison de la culture, lieu de vie au centre de la ville.

> Vous pouvez voir le projet architectural de la Maison de la culture telle que décrite par Christian Gimonet sur son site web et y lire son propos dans son intégralité, ainsi que les vues et les plans. J'ai trouvé ça passionnant. Il y a un lien en bas de cette page.

> Lors de son exposé, l'architecte berruyer a attiré l'attention sur les publics nouveaux à conquérir :  les jeunes, il y aura bientôt cinq mille étudiants à Bourges. Certes, le projet fait du site de la MCB un lieu attractif, mais il restera à la direction à enrichir ses programmes (qui attirent actuellement des berruyers d'autres générations).

Autre préoccupation de Gimonet, l'archéologie qui devrait être un allié de la municipalité et un atout pour Bourges. Prestige, tourisme, la ville a tout à y gagner. Mais pour le moment c'est l'inverse : pour Serge Lepeltier et son équipe l'archéologie coûte toujours trop cher. J'ajoute qu'on murmure que des découvertes intéressantes seraient gardées sous le boisseau afin de ne pas éveiller l'intérêt du public. Est-ce vrai ?

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> En somme, la démarche de Christian Gimonet est le contraire de la méthode qui a cours en France (qui est aussi la méthode à Bourges). Pour ceux qui n'ont pas déjà assisté à l'évolution de ce genre d'affaire, ça se passe comme ça : on vote un projet, on appelle ça un "équipement", on définit une enveloppe budgétaire, on trouve un terrain, on fait des appels d'offres aux architectes puis aux entreprises, on se conforme aux normes et règlements, on dissocie le budget d'investissement du budget de fonctionnement (c'est la norme, mais ça coupe le projet en deux - invivable !). Plus tard on y met des fonctionnaires de la culture qui conçoivent une "programmation" (un terme du jargon informatique qui signifie bien que nous sommes loin de la culture), on s'approvisionne au marché du spectacle (les festivals servent aussi à ça). Bref on obtient des saisons culturelles de qualité, certes, mais tout ça fait une culture formatée qui n'étonne plus, qui ne fait plus vibrer, qui laisse de côté une partie du public. Adieu Jean Vilar, Gabriel Monnet, Gabriel Garran, Roger Planchon...

> Le 9 juillet la salle des délibérations du Conseil général est plus que pleine, apparemment il y a plus d'amis de la MCB que de Conseillers généraux assis un jour de séance. Le débat commence un peu timidement, mais des appréciations admiratives, parfois enthousiastes, expriment clairement l'unanimité du public en faveur du projet.

Irène Félix assiste à cette réunion publique. Elle salue la qualité du travail de Christian Gimonet et multiplie les phrases élogieuses, d'ailleurs, elle s'est déjà prononcée pour le maintien de la MCB sur le site. Mais les vieux démons des politiques armés du petit bout de la lorgnette du gestionnaire reviennent dans son propos, et elle conclut que le projet ne serait envisageable qu'après avoir fait l'inventaire des salles existantes à Bourges. Irène Félix trace déjà des limites (anticipation sur une victoire aux prochaines élections municipales ?). Agnès Sinsoulier se joint au concert et répète les chiffres et les partenaires initiaux du financement de la MCB abandonnée, c'est hors du sujet, mais plein de sens : ces deux personnes n'ont sans doute pas bien compris le propos de Christian Gimonet. Laissons leur un temps de réflexion.... 

> Ajoutons que la Commission des Sites ayant déjà refusé l'installation de l'École de musique place Séraucourt, on ne voit pas pourquoi elle changerait d'avis pour le nouveau bâtiment de la Maison de la culture prévu à cet emplacement par la municipalité. Serge Lepeltier n'en a rien dit lors de la réunion publique du 30 avril. Mauvaise mémoire ou calcul politicien ?


> Note. Christian Gimonet a précisé que son travail bénévole est une esquisse, un avant projet établi sans que le nouveau cahier des charges soit encore connu.


> Cliquez sur les dessins pour les agrandir.

> Pour en savoir plus :

Le descriptif du projet et les plans sur le site web de Christian Gimonet. >>> Lien.

Site de l'association les amis de la Maison de la culture de Bourges. >>> Lien.

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