L’eau dans le Cher et dans “Le Berry Républicain”.

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Il semble que les habitants du Cher se préoccupent de la qualité de l’eau qu’ils consomment…. C’est sans doute pour cette raison que le Berry Républicain vient de consacrer quatre articles en un mois à ce sujet. Le 21 septembre, le 29 septembre et le 2 octobre (édition papier et édition web), en tout quatre articles, dont un relatant une réunion à l’initiative de la préfète du Cher.
Si la “Marche pour l’eau” organisée par l’Association de veille environnementale du Cher (AVEC), n’est pas seule la cause de ce remue ménage, cette initiative fait bien écho à une interrogation de la population. 

On notera que, toujours dans l’esprit d’informer les lecteurs (?), la rédaction du Berry n’a pas jugé utile d’assister aux conférences présentées par Jean-Luc Touly (Association pour le Contrat mondial de l’Eau), Christine Combe (Service des eaux de la Ville de Lons Le Saunier), les docteurs Pierre-Michel Périnaud et Joseph Maze (Alerte des Médecins sur les Pesticides), qui se sont déroulées dans le cadre de la “Marche pour l’eau” à Bourges, à quelques pas du siège du journal !

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> À peu près au moment où l’Avec organisait conférences et marches symboliques, l’Agence Régionale de Santé (ARS) publiait les résultats de ses observations de 2016. “Nitrates, pesticides, bactéries, quelle est la qualité de l'eau dans votre commune ?”, titrait Le Berry (édition web) du 2 octobre.
L’Agence relève que la réalisation des mesures curatives (dilution, traitement, changement de ressources…) apporte quelques améliorations. Mais que ces améliorations ne résultent pas, sauf exception, d’une meilleure qualité des eaux souterraines. Comme en témoigne la carte de la pollution aux nitrates de l’ARS, ce sont les unités de distribution de tout le département qui sont plus ou moins touchées.
Cette synthèse dit l’ARS “doit permettre de sensibiliser les acteurs de l’eau sur la fragilité de la ressource en eau dans la région et de conduire au développement de projets territoriaux portant l’amélioration de la qualité de l’eau”.
En 2016, constate l’ARS, il y a dans notre département 74 captages en service (et non cent comme l’écrit le Berry le 29 septembre), 6 seront abandonnés, 4 en projet. Mais, en passant de 118 captages à 74 de 1998 à 2015, le Cher qui faisait déjà partie des vingt départements français dotés d’un très faible nombre de captages d'eau de consommation (moins de 150), a perdu 44 captages d'eau potable en dix sept ans, le tiers de ses moyens d'alimenter la population ! Mais pour Le Berry, ça ne vaut pas la peine de lire les documents de l’ARS, ni d’écrire là dessus. “Une eau potable globalement bonne” titre le journal ; oui, “globalement” bonne, avec un peu de nitrates tout de même… !

> Dans l’article “L’eau potable du Cher analysée” - “Une eau potable globalement bonne” Le Berry du 2 octobre (édition papier) cite le rapport de FluksAqua (un organe de Veolia et Suez “créé par et pour les professionnels de l’eau“, étrange  “organisme indépendant”) qui traite de la sureté bactériologique dans les tuyaux (mais pas des taux de nitrates et de pesticides), et annonce que tout va bien. Évidemment, si on ne parle pas des nitrates ni des pesticides….!

Teneur moyenne en nitrates des eaux distribuées-Cher-2016

> Justement, les nitrates et les pesticides, parlons en. Revenons à la page web du 2 octobre, intitulée “Nitrates, pesticides, bactéries... quelle est la qualité de l'eau dans votre commune ?”, Le Berry, sans chercher plus loin, répète les mots de l’ARS annonçant que les taux de nitrates sont respectés. Les taux ? Ceux de la France, oui (50 milligrammes), mais ceux de l’Europe (25 milligrammes), non ! Dans ce cas, ce sont cinquante points de distribution du Cher qui sont non conformes (167 000 habitants), et soixante avec un taux inférieur à la norme européenne (146 000 habitants).
Pourtant, on pourrait réduire le risque pour la santé en visant l’objectif des normes européennes, comme c’est le cas à Lons le Saulnier (conférence du 15 septembre à Bourges par Christine Combe, Chargée de mission environnement, Service des eaux de la Ville de Lons Le Saunier). …Mais il n’y avait pas de journaliste du Berry ce soir là non plus. 

> L’article du 29 septembre consacrée à la “Qualité de l'eau dans le Cher : ce qu'il faut retenir de l'état des lieux de la préfète” énumère les défaillances à corriger relevées par Catherine Ferrier, préfet du Cher. Parmi les captages qui alimentent le Cher, cinq "posent problème”, notamment ceux d’Argent-sur-Sauldre et de Mehun-sur-Yèvre. Et la préfète souligne que 30% des captages du Cher ne sont pas protégés, alors que 80% des terres du département sont en zones vulnérables aux nitrates. Dans une des conférences de la “Marche pour l’eau” le 15 septembre à Bourges, Bernard Lachaud complète le tableau de la Préfète avec plus de sévérité. Pour lui “Depuis plusieurs années, la pérennité de l’alimentation en eau potable n’est plus assurée dans le département du Cher. La situation est d’autant plus préoccupante que la ressource est assurée par des importations d’eau provenant de la Loire et du Cher, elle est aussi de plus en plus dégradée.
Dans notre département, on ferme des captages sans pallier à la situation, la majorité des nappes souterraines sont touchées sérieusement, eu égard aux normes en vigueur. 96 % de la superficie du département est contaminée par les nitrates. Pour fournir une eau de consommation qui soit potable et qui respecte la norme française, on mélange l’eau du captage du Porche (qui alimente Bourges) avec de l’eau de la Loire (moins polluée) afin de faire baisser le taux de nitrates dans l’eau livrée aux habitants”. 

> Comme vous avez été patients et attentifs, j’ai gardé celle là pour la fin.… Dans deux autres éditions précédentes, les 14 et 22 septembre, Le Berry Républicain traite du glyphosate dans nos aliments et dans l’agriculture, mais il oublie de faire le rapprochement avec l’état de l’eau ! Comme si le glyphosate qu’on trouve dans nos aliment n’avait pas d’abord pénétré dans le sol avant de contaminer l’eau qui sert à fabriquer ce que nous mangeons… 

À la lecture de ces “enquêtes” sur l’eau, on se demande si les journalistes du Berry Républicain ont pensé à lire leur propre journal ! À moins que ces gaffes soient vues comme des vétilles parce que la direction du journal ne considère pas les lecteurs comme des citoyens et des adultes ? Alors, est-il ficelle ou bin berlu ?  Le Berry est-il un Berlaudiot ?
À vous de juger.


> Carte des Nitrates dans l’eau potable. ARS Cher. Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

> Sources.> Sources. Le Berry Républicain éditions papier et web des 14, 21, 22, 29 septembre et 2 octobre, et édition papier du 2 octobre.
D'où vient l'eau potable du sud du Cher ? >>> Lien.
Nitrates, pesticides, bactéries... quelle est la qualité de l'eau dans votre commune ? >>> Lien. 
Qualité de l'eau dans le Cher : ce qu'il faut retenir de l'état des lieux de la préfète. >>> Lien.
“Une eau potable globalement bonne” Le Berry du 2 octobre, édition papier.
Site de l’Agence Régionale de Santé Centre Val de Loire (à voir), et Société Fluksaqua.
https://www.centre-val-de-loire.ars.sante.fr/la-qualite-de-leau-potable-en-2016
https://www.centre-val-de-loire.ars.sante.fr/protection-des-captages
fluksaqua.com/performance-de-la-qualite-microbiologique-centre

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