Démarches par l’Internet, France-Services à Henrichemont (épisode 2).

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France-Services-Henrichemont

Après avoir dépeint les difficultés rencontrées par de nombreux français avec les démarches par l’Internet  (>>> voir page du 8 avril), voilà le deuxième chapitre annoncé il y a quelques semaines. Ça commence comme ça : je me présente le mercredi 6 avril à l’antenne de France-Services qui dépend de la Communauté de communes (et non de la municipalité d’Henrichemont), et explique mon petit projet : faire une page sur l’aide apportée par l’antenne France-Services d’Henrichemont aux personnes en difficulté avec les démarches par l’Internet. Cette page agrémentée de photos des personnes de l’accueil sera publiée dans gilblog, mon petit blog “de clocher”. Une jeune femme m’accueille aimablement et me propose de revenir pour en parler avec sa collègue, absente ce matin là. 
Le vendredi 8 avril, je viens comme convenu, je me présente et fais mes salutations. Mais cette fois l’accueil de France Services est en forme de douche froide, une dame, qui ne se présente pas, mais qui semble être la supérieure de la souriante employée du mercredi précédent, m’annonce qu’on ne peut pas faire d’interview et de photos aussi facilement que ça. Elle a besoin de l’autorisation de sa hiérarchie, dit-elle, car dépendant du service public, elle ne peut répondre à mes questions (sic !). Puis elle me fait entendre par haut parleur sa communication téléphonique avec son chef (aux Aix d’Angillon) et me demande de remplir un formulaire d’autorisation. Elle écrit une demande à sa hiérarchie par courriel et m’annonce qu’elle m’en fera une copie (que je reçois en effet le jour même). J’apprends ainsi qu’on me rappellera au téléphone pour fixer un rendez-vous. Bref, en fait de service public, on a vu mieux ! 

Un mois plus tard et après un appel téléphonique et une nouvelle visite à l’antenne de France Services d’Henrichemont pour dire mon mécontentement d’être sans nouvelles du rendez-vous, je reçois un coup de téléphone le lendemain 12 mai du responsable du service qui me demande pourquoi je veux faire cet interview et me dit que je ne pourrai pas photographier ses employées à cause ….du droit à l’image, qu’il invoque par deux fois. Après lui avoir tout expliqué à nouveau et dit la pureté de mes intentions (voir en haut de page), rendez vous est pris avec ce monsieur à Henrichemont le 13 mai. 

Pourquoi tant de réticences ?  Pourquoi ne peut-on interviewer les employées et présenter leur travail ? Qu’est-ce qu’il y a à cacher à France Services ? Des secrets relevant de la Défense nationale ? En tous cas, vous ne verrez pas les portraits de Delphine et Véronique qui accueillent habituellement le public, car leur chef (monsieur Deconincq, responsable du service d’action sociale de la Communauté de communes) invoque en leur nom le respect du droit à l’image ; et elles ne sont pas présentes ce jour là pour me le dire.

Bon, venons en à l’objet de ma visite et résumons la conversation. Les informations pratiques (adresse, téléphone, horaires, courriel) sont en bas de page.

Le public, environ six personnes par jour plein (environ soixante dix personnes par mois !), ayant recours à l’aide des employés de France-Services d’Henrichemont est accueilli sur rendez-vous et aussi sans rendez-vous. L’aide apportée concerne les démarches dites “en ligne” sur les sites de l’Administration française (impôts, sécu, etc…), elle ne s’étend pas aux autres sites web (banques, sites marchands, etc…). L’aide est une “information de premier niveau” déclare mon interlocuteur, c’est un accompagnement pour se diriger dans les pages des sites web des administrations, pour remplir les formulaires et les déclarations. Mais ce n’est pas une aide à la recherche d’emploi ou des conseils fiscaux. Toutefois, des ordinateurs connectés (je ne les ai pas testés) sont à la disposition du public pour faire des recherches ou des démarches qui ne relèvent pas de l’aide de France-Services.

Les employés de France-Services appartiennent à deux catégories, ce sont des titulaires de la Fonction publique territoriale ou des salariés en CDD. La formation que reçoivent ces employés est organisée par la Préfecture du Cher. Elle consiste en une série de stages dans les locaux des administrations (CAF, impôts, Pôle emploi, La Poste…) pour connaître les procédures en vigueur et représentent une durée totale de 8 à 10 jours. Des mises à niveau sont prévues pour actualiser les connaissances des employés. On comprend que cette formation ne fait pas l’objet d’une certification professionnelle ou d’un diplôme.

À la fin de l’entretien, monsieur Deconincq me demande de lui transmettre l’article pour lecture avant publication. C’est contraire aux règles du journalisme et, comme le veut l'usage, je lui réponds par la négative.

> Sous le titre “Les conseillers du numérique en plein bug”, Le canard enchaîné du 27 avril 2022 s’intéresse à l’activité de France-Services, créé pour venir en aide aux 13 millions de personnes “ayant des difficultés pour se dépatouiller avec le web ou l’ordinateur”. Après qu'Édouard Philippe a annoncé, en mai 2019, la création de 2 055 espaces France Services, situés en théorie à trente minutes de chaque citoyen, 3 131 agents ont été recrutés. Pour rappel, la moitié de ces “espaces” sont en fait d'anciennes Maisons de services au public créées sous Hollande dès 2015. Et le journal de citer des exemples de sous équipement et de formations insuffisantes. …Mais le job de conseiller n'est pas des plus attrayants : des CDD de dix-huit à vingt-quatre mois subventionnés par l'État à hauteur d'un smic, les structures étant libres de compléter ou non leur revenu “L'État aura réussi à faire de nous une population souffrant d'exclusion et de précarité”, ajoute une conseillère qui touche 20 000 euros brut par an. En somme, des galériens de la fiche de paie conseillant des handicapés du numérique, écrit Le canard enchaîné !

> Conclusion. J’espère que les berrichonnes et les berrichons d’Henrichemont et alentours qui s’adressent à France-Services, sont dans un meilleur environnement que celui décrit par Le canard enchaîné, et qu’ils sont mieux reçus que je ne l’ai été. Sans plus de commentaires.

> Lire l’enquête de Basta.mag : Le travail administratif auparavant réalisé par les Caf est transféré aux usagers. >>> Lien.

> Pratique. Communauté de communes Terres du Haut Berry. France Services. Espace Rosa Parks. 6 place de la mairie. 18250 Henrichemont. 02 48 50 64 15. 
Lundi de 9h à 12h et de 14h à 17h. Mardi de 14h à 17h. Mercredi de 8h30 à 13h. Jeudi de 14h à 17h. Vendredi de 8h30 à 13h et de 14h à 17h. 
franceserviceshenrichemont@terresduhautberry.fr  Page web sur le site de la Communauté de communes : https://terresduhautberry.fr/vie-pratique/action-sociale/france-services/

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