Surnoms et sobriquets à La Borne.

L_nez_d_chat-Dessin_Andre_Rozay

La pratique des sobriquets et surnoms est sans doute aussi vieille que l'humanité, enfin depuis que les hommes parlent. Elle existait dans tous les villages de nos provinces. On n'était pas en reste à La Borne : des surnoms malicieux, il y en avait quelques uns....

Jusqu'au Xème siècle, les habitants de la France n'avaient qu'un nom, celui de leur baptême. A partir du XIIème siècle, un grand nombre de surnoms furent adoptés pour désigner les individus. Ils servaient à différencier les homonymes devenus trop nombreux. Un trait marquant de l'individu servait alors à le désigner, dans son village et pour ses proches. Voila, en résumé l'origine des noms de famille.

Mais la population des villages augmentant, les homonymes devenaient nombreux... et pan, une nouvelle vague de surnoms devenait nécessaire...

Dans le livre de Jean-Baptiste Luron "Comment qu'y causont" (Treize leçons de parler rural), on trouve un intéressant chapitre consacré aux surnoms, j'en cite quelques lignes. "Le surnom en ruralité ne se borne pas à la fonction du sobriquet. Il a une fonction sociale indispensable. C'est à la fois un complément au patronyme à cause de l'homonymie, et un rite d'adoption. Comme le patronyme, il est créé par l'entourage en fonction de particularités du récipiendaire, mais pas toujours pour le louer..." 


> À La Borne l'imagination ne manquait pas pour créer des sobriquets. On peut en trouver un certain nombre dans l'ouvrage de Robert Chaton et Henri Talbot "La Borne et ses potiers" Éditions Delayance, La Charité sur Loire (épuisé). Et j'en ajoute d'autres que je dois à Jean Pascaud et à son épouse, merci à tous les deux. Et voici les sobriquets bornois annoncés :

Le Dinde

La Perdrix rouge

Le Belette

Le Lieuve 

Lalouette

la Souris

Le Sigouzit

Foucher Farceur

Le Bitaut

Le Pée Gris.

Le Prescheux

Le Sourdeau

Gras d'huile

Le Tiac. 

Le Dru. (Fort, robuste)

Le Canquais

Bourbaki

Gambetta

Cavaignac

Le Cuirassier

Tête d'ail

Le Farceur

Le Pée Quéqué

Le Pée Laplume

Le Pée Nez de chat

Le Raboulou

Les frères Louis Lala et Louis Lalie

Le Mantoune

Diguedé

Furine

Platine

Tête d'ail

Tidale

Gnouche

Les Demoiselles Monsieur

Lexandre Couillon

Cadet Biton

Cadet Couillon. 

Illustration : L'nez d'chat, tireur de terre à La Borne. Dessin d'André Rozay.


> Les bonus de gilblog. 

Quand j'étais gamin, à Saint Martin d'Auxigny, j'aimais bien le sobriquet de "Chasse rosée", donné à un voisin qui marchait les pieds en éventail.

Entre le village et la forêt d'Allogny, le carrefour des Quat'routes était aussi baptisé Carrefour des cocus, car plusieurs familles du nom de Cocu y habitaient. On aimait à répéter ce dialogue : "Ten donc, ç'matin j'ons vu Cocu.  Ah bon, mais qué donc Cocu ?  Ben voyons, Cocu des cocus !" 

Les malheureux Cocu, personne n'avait créé de sobriquets pour les différencier les uns des autres !

Plus exactement, le nom Cocu désignait l'habitant d'une petite colline et non l'infortuné auquel on pense. Ce dernier portait ses attributs dans son nom: Lecornu, par exemple, ou d'autres dérivés du même acabit (source : Jean-Baptiste Luron).


> Pour conclure, je vous recommande le livre de Jean-Baptiste Luron "Comment qu'y causont ? 13 leçons de parler rural. Éditions AàZ Patrimoine. En vente dans toutes les bonnes librairies. 18 €.


Un commentaire ?