Deux abâtleux expliquent les finances de Bourges.

2-abatleux

Lundi soir, 1er février, le maire de Bourges organisait une “Réunion d’information sur les finances de la ville” au Carré d’Auron. C’est désormais une habitude à Bourges : le maire organise ce qu’il faut bien appeler des réunions publiques d’enfumage. En parler berrichon il y a un nom pour ces personnages. On les appelle “abâteleux”, un vieux mot qui a beaucoup servi et qui était encore employé au dix-neuvième siècle ! C’est dire si on est conservateur à la mairie…

Devant neuf cents personnes, Pascal Blanc et le journaliste Jean-Marc Sylvestre  tentent de convaincre les sceptiques, les déçus et les mécontents. Philippe Mercier (son premier adjoint), François Pouply (le directeur général des services) les accompagnent.

Et, résume le Berry Républicain du mardi 2 février: un seul message : les finances de la ville vont mal et il va falloir trouver d’urgence des économies.
Une situation “que j’ai découverte quelques mois après les élections” dit sans rire Pascal Blanc..…
D’ailleurs les économies commencent tout de suite puisque le public voit des courbes, entend des paroles et des chiffres mais ne voit pas le projet du maire ni le budget, ni le montant de l’augmentation des impôts. En résumé : les mots, les chiffres, mais pas le fin mot de l’histoire !

Pour faire court, sachez que la dette globale de Bourges est de cent quarante huit millions d’euros, selon les dires de Pascal Blanc. Le total des économies à réaliser en cinq ans serait de six millions et demi selon l’audit réalisé à la demande du maire, ou bien dix millions, annonce-t-il le lendemain. Mais ça ne signifie pas grand chose puisque l’intéressé ne dit pas sur quel montant le chiffre des économies est calculé, ni comment il va procéder ensuite.

Si les finances vont mal, pourquoi dépenser tant d’argent en affiches et frais de communication, pourquoi payer (environ cinq mille euros) Jean-Marc Sylvestre un “expert” qui avoue ne pas connaître la ville et ne peut rien dire sur l’augmentation des impôts puisque l’information sera donnée aux élus municipaux en priorité. “La baisse structurelle de l’autofinancement et l’endettement de la ville sont très problématiques”; la situation budgétaire est “emmerdante et dangereuse”, déclare-t-il. Pour s’entendre dire ça, les berruyers vont certainement penser, que les honoraires dudit “expert” en valent la peine….

Et pourquoi avoir invité neuf cents personnes si c’est pour leur dire que l’information sur les impôts sera donnée au Conseil municipal du 23 février ?
Il suffisait de faire la réunion publique après !
Bref, cette réunion d’abâtlage n’aura servi qu’à essayer d’enfumer le public. Elle n’a pas convaincu. Résultat : “une réunion houleuse” si l’on en croit le quotidien local. Houleuse, évidemment. 

Mais si la date du 1er février a été choisie pour tenir la réunion, c’est probablement par crainte des réactions qui n’auraient pas manqué de s’exprimer. Car le mercredi on apprend dans Le Berry que le maire envisage une hausse de 9% des impôts locaux. Il a du calculer ça, vite fait, pendant la nuit…

Puisqu’il cherche à dépenser moins d’argent, c’est le moment de rappeler au maire qu’une source d’économies de plusieurs millions d’euros se trouve dans le choix du lieu de la Maison de la Culture. En effet, la construction sur le site historique coûterait moins cher - trente millions d’euros TTC au lieu de trente six millions sur la pente Séraucourt (plus la réhabilitation du bâtiment de Marcel Pinon - dix à quinze millions) ! Et le projet de Christian Gimonet de déborder légèrement sur l’ancienne école de musique (mais un autre architecte aurait pu y penser aussi) permet d’en donner plus que le projet choisi par le maire - et il épargne quatre-vingts arbres de la place. 

Construire la MCB sur le site originel, voilà une économie qui avoisine les vingt millions pour celui qui prétend vouloir restaurer les finances de la ville. Mais Pascal Blanc refuse de l’entendre et ne veut pas rouvrir le dossier. Peut-être qu’il ne trouve sa légitimité et sa raison d’être que dans sa résistance à l’opinion et au bon sens. “Envers et contre tous” pourrait être sa devise….


> Remarque. Rappelons que le projet de Christian Gimonet prévoit une grande salle accueillant plus de spectateurs, une petite salle, une salle de répétitions, une salle d’expositions (“oubliée” dans le projet officiel), une meilleure accessibilité, la conservation du hall d’accueil monumental protégé (monument historique), une grande cafétéria ouverte sur la ville permettant des spectacles de cabaret, les deux cinémas, une terrasse en haut de l’édifice avec vue sur Bourges,  et des innovations économes en énergie. On se demande pour quelle étrange raison l’utilisation des surfaces de l’ancienne école de musique, a été écartée par Serge Lepeltier et Pascal Blanc (il paraît que c’était pour y installer les bureaux de certains services municipaux) !

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