18 mars, anniversaire du soulèvement de la Commune.

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Quelques repères pour célébrer un anniversaire historique. Il y a cent cinquante deux ans…

Depuis la révolution du 4 septembre 1870, les Parisiens saisissent la liberté d’expression et de réunion qui leur donnent la parole ; des journaux et des clubs apparaissent. Des comité révolutionnaires réunissant un large éventail de courants politiques (blanquistes, proudhoniens, républicains jacobins, anarchistes, membres de l’Association Internationale des Travailleurs) se constituent dans les arrondissements. Pendant le siège, les idées révolutionnaires se propagent, diffusant ainsi l’idée de Commune. Les clubs soutiennent la Garde nationale et l’idée de la défense nationale jusqu’à la victoire. Les forces politiques, monarchistes, républicains, socialistes, s’opposent ; la capitale bouillonne. 

Paris assiégée par l’armée prussienne depuis le 18 septembre souffre durement pendant le siège. La population connaît une véritable famine durant l'hiver. On manque de pain, on mange du rat et même des animaux du zoo ! La température est souvent de dix degrés sous zéro, on manque de bois et de charbon. On dénombre plus de quarante mille morts. 

Manquant de soldats, le gouvernement provisoire a armé le peuple parisien. Pour assurer la défense de la ville on enrôle dans la Garde nationale tous ceux qui le désirent. Dans un élan patriotique, de nombreux volontaires rejoignent la Garde nationale, qui devient une armée de trois cent cinquante mille hommes. Pour coordonner leur action, les bataillons de la Garde nationale attachés à la République toute neuve, décident de se fédérer et créent un Comité central de la Garde nationale le 6 janvier 1871. 

Édouard Vaillant et Jean-Baptiste Chardon (de Vierzon), Salvador Daniel (de Bourges), avec cent quarante républicains (dont vingt-neuf seront élus deux mois plus tard, à la Commune) signent un appel au peuple de Paris dans l’Affiche rouge. Cet appel du 6 janvier 1871 dresse un tableau lucide de la situation dans la capitale et fait le constat de l’impuissance du gouvernement. C’est une invite à l’insurrection et au remplacement du gouvernement par la Commune. 

Des éléments de la Garde nationale opposés à l'armistice tentent un soulèvement le 22 janvier. Trois mille personnes se rassemblent sur la place de l’Hôtel de Ville, aux cris de: “Guerre à outrance! Vive la Commune !” 

Des élections nationales sont organisées en hâte le 8 février 1871, alors qu’un tiers du territoire est occupé par l’armée prussienne. La campagne électorale est expédiée en huit jours ! Les campagnes élisent majoritairement des candidats monarchistes : sur sept cent cinquante députés, quatre cent cinquante sont des monarchistes (dans le Cher six monarchistes sur sept élus, le septième n’est autre qu’Adolphe Thiers). 

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Mais l'Assemblée nationale élit Adolphe Thiers “chef du pouvoir exécutif de la République Française” (c’est-à-dire chef de l’État et du gouvernement à la fois). C’est un titre de circonstance, car aucun régime légal n'a été choisi pour remplacer l’Empire, et la France n'a pas encore de constitution. 

Thiers est choisi pour négocier la capitulation avec la Prusse, qui sera signée le 26 février (le traité inclut l'annexion de l’Alsace-Moselle et le versement de cinq milliards de francs-or). “La patrie n’avait pas assez craché de sang, on va lui faire cracher de l’or,” écrit Jules Vallès dans Le Cri du peuple, le 4 mars. 

C’est dans ce contexte que Thiers met le feu aux poudres en ordonnant à l'armée de confisquer les canons de la Garde nationale à Paris dans la nuit du 17 au 18 mars. Il veut prendre deux cent vingt-sept canons installés à Belleville et à Montmartre que les parisiens ont achetés pour défendre la ville. Les femmes, tôt levées, s’adressent aux soldats. “C’est indigne, qu’est-ce que vous faites là ”! Et les soldats se taisent ! Par trois fois le général Lecomte qui dirige les troupes, ordonne de tirer. Le soldat Verdaguer appelle à mettre crosse en l’air. Les autres soldats approuvent et refusent de faire feu sur la foule. Peuple et soldats fraternisent. On construit des barricades dans les arrondissements populaires, les soldats mettent la crosse en l’air et se laissent désarmer, à Belleville, à la Bastille, aux Buttes-Chaumont, partout la troupe fraternise, la Garde nationale s’empare de plusieurs mairies d’arrondissement. Il n’y a en somme “que riposte à ce que Paris pouvait, non sans raison, considérer comme une tentative de coup d’État (...) monarchiste cette fois” commente l’historien Jacques Rougerie. 

Nous sommes le 18 mars 1871, c’est le premier jour de l’insurrection ! Le 26 mars des élections auront lieu à Paris, le 28 mars la Commune sera proclamée !

> Le 28 mars, le Vierzonnais Auguste Okolowicz, musicien, chanteur, directeur du casino Cadet, rédacteur en chef de Paris Théâtre, membre de l’Internationale, ancien aide de camp de lamiral Pothuau, membre de la Garde Nationale fédérée, plante un drapeau rouge au sommet de la colonne de la Bastlle. 

 

> Lire : La Commune et les communards du Cher. En vente dans les bonnes librairies du Cher.
280 pages. Prix 18,50 euros. L
Alandier.

> Association Les Amies et Amis de la Commune de Paris du Berry. 15 avenue Louis Billant 18800 Villabon. https://vaillantitude.blogspot.com/





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