Saint Palais. Et maintenant 15 000 volailles industrielles ? 

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Le mauvais sort semble s’acharner contre les habitants de Saint Palais (Cher). Après les émanations nauséabondes (et mauvaises pour la santé) de sulfure d’hydrogène produites par le site de stockage de déchets de Veolia, un projet de site d’élevage de volailles vient empoisonner un peu plus l’atmosphère.
En janvier 2017, la municipalité de Saint-Palais a reçu une demande de permis de construire, pour l’édification d’un “atelier de volailles” (des dindes), sur le territoire de la commune au lieu-dit l’Aujonnière.
Mais le poulailler industriel est loin de plaire aux élus municipaux, aux habitants du village et aux associations locales pour qui la réalisation de ce projet sera une nuisance de plus.

En effet, ce poulailler conçu en collaboration avec les abattoirs de Blancafort (appartenant à la société Terrena qui a racheté Doux en 2015), serait la troisième installation ICPE (Installation classée pour la protection de l’environnement) de Saint-Palais, après l’installation de stockage de déchets (dits “non dangereux”) de Veolia et le silo de céréales du groupe Soufflet. Et tout ça concentré dans un rayon de deux kilomètres et demi !

Le projet “d’Atelier de volailles de chair” à Saint Palais comprend notamment une salle d’élevage de mille huit cent soixante douze mètres carrés. Comme on compte en moyenne en France six à huit dindes au mètre carré dans les élevages intensifs, il y aurait donc entre onze mille et quinze mille volailles dans le bâtiment (information confirmée par le propriétaire). Et ce ne sera pas du “bio” !

Le 21 février 2017, le Conseil municipal et le maire ont voté contre le projet et refusé le permis de construire à une écrasante majorité. Mais la marge de manoeuvre des élus est étroite car le projet relève d’une déclaration dite “simple” qui n’est pas soumise à des procédures plus rigoureuses. Ce type de dossier dit “en déclaration” entraîne une durée d’instruction plus courte (cinq mois au lieu de onze mois et demi mois pour les dossiers dits “en autorisation”) et des exigences moindres pour le respect de l’environnement. Le projet étant situé sur une “zone naturelle à vocation agricole stricte”, l’autorisation n’est pas du ressort de la municipalité, c’est la Préfecture et les services préfectoraux (Direction Départementale de la Cohésion Sociale et de la Protection des Populations du Cher) qui aura le dernier mot ….Si elle a la volonté et la force de résister à la puissante société Terrena, et à la Chambre d’agriculture qui a participé au montage du dossier.

“La déclaration sommaire effectuée à la Préfecture et la demande de permis de construire ne comportant aucune étude d’impact, l’absence de la description obligatoire de l’activité (formulaire 15771), rendent difficile l’examen et l’évaluation du projet”, déplore l’association “Rassemblement pour la protection de l’Environnement à Saint Palais et Alentours” (RESPA). 

Et l’association énumère ses nombreuses critiques (dommage que Le Berry Républicain ne les ait pas citées dans son récent article du 2 mars). Mais résumons : À la rubrique Environnement du projet il est écrit que “l’exploitation est située en zone rurale entourée de parcelles agricoles”, or le bâtiment de deux mille mètres carrés au total sera situé à cent mètres des habitations ! Et même si cela respecte la distance légale, ça n’évitera pas l’émission des odeurs ! Ce projet pose aussi des questions environnementales : quelle sera la quantité d’eau utilisée ? Quelle volume sera prélevé sur le réseau communal ? Comment seront évacuées les eaux usées ? Aucun dispositif d’assainissement n’est prévu, ni dans la demande de permis de construire, ni dans la déclaration ! Le site choisi étant sur un point culminant, les produits médicamenteux (employés pour les animaux et le nettoyage du bâtiment) iront dans le milieu naturel. À Saint Palais, le site projeté se trouverait en pleine “zone vulnérable aux nitrates d’origine agricole”, les fientes avicoles étant très fortement azotées, quelles dispositions sont prévues ? Comment seront nettoyées les fientes des quinze milles dindes et comment seront elles enlevées ? Seront-elles compostées sur le territoire communal ?

Pour toutes ces raisons l’association Respa se, déclare opposée à ce projet qu’elle juge monté de manière sommaire, dans la recherche d'un coût minimum et dans la moindre exigence environnementale.
L’expérience de la Bretagne n’a donc pas suffi à prouver la non-rentabilité de ce type d’exploitation ? Ce projet de production de volaille industrielle au lieu d’un label ou du bio est en complet décalage avec la tendance actuelle du consommateur qui recherche la qualité, conclut le Respa.…

On peut se demander aussi si cet élevage de volailles, destiné à l’approvisionnement des abattoirs de Blancafort de la société Terrena, présente toutes garanties quand à son équilibre économique. On se souvient en effet des antécédents fâcheux de la société Doux, rachetée depuis par Terrena *…
En tous cas, il n’améliorera ni l’environnement, ni la qualité de vie des riverains, ni l’image de la commune de Saint Palais ! 


> * Terrena possède les marques Gastronome, Douce France, Fermiers d’Ancenis, Père Dodu, Doux, Saint Sever.

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