
Samedi 14 juin, La Nouvelle République a tourné la page de son statut hérité de la fondation du journal, à la Libération. L’existence de la Sapo, (Société anonyme à participation ouvrière), était un frein (ou un épouvantail ?) pour l’entrée d’un nouvel actionnaire, en l’occurrence le groupe Centre France qui édite Le Berry. Samedi 14 juin, les assemblées générales réunies au siège du journal, à Tours, ont mis fin à la Société anonyme à participation ouvrière. Allégé des représentants du personnel parmi les actionnaires, La Nouvelle République est maintenant une société anonyme “comme les autres”. Ne participant plus aux décisions de stratégie ou de gestion du journal, les journalistes et les autres salariés ne pourront guère se faire entendre. Ils avaient antérieurement des droits comparables aux actionnaires du capital, avec un pouvoir de vote au conseil de surveillance, ce qui aurait pu gêner Centre France. Les décisions seront prises désormais dans le secret des conseils d’administration, ce qui n'augure rien de bon.
Maintenant les pourparlers vont sans doute s’accélérer. En effet, La Nouvelle République (10 000 exemplaires vendus dans le Cher), négocie depuis plus d’un an avec le groupe Centre France. Ce dernier envisage de lui céder le Berry Républicain (30 000 exemplaires vendus), concurrent de la NR dans le département, et déficitaire lui aussi. En échange, Centre France entrerait au capital de la NR. Il serait même question d’un apport de capitaux ou de trésorerie.
La situation de La Nouvelle République ne semble pas être des plus brillantes. Un emprunt de 6 millions d’euros aurait été contracté fin 2008 pour payer les fournisseurs et le treizième mois des salariés. Des délais auraient été demandés pour payer l’Urssaf. Déjà, les deux quotidiens utilisent les mêmes prestataires pour leur diffusion.
On sait depuis longtemps que la presse française va mal. Victimes de la dégradation des ventes et de leurs recettes publicitaires, les quotidiens sont nombreux à disparaître. C’est regrettable pour le pluralisme d’opinion, pour la qualité de l’information, et pour les lecteurs fidèles. C’est regrettable pour les salariés, journalistes, correspondants locaux, ouvriers imprimeurs, qui iront grossir la cohorte des chômeurs. Pourtant, quand on voit l’indigence des informations régionales et nationales des chaînes télévisées (qui vont chercher leurs sujets ...dans la presse), lire La Nouvelle République ou Le Berry, c’est nettement mieux !
Pour que la presse vive, nous devons être nombreux à acheter chaque jour notre journal, même si nous n’avons plus qu’un seul choix : Le Berry Républicain. Sinon, un jour, nous n’aurons plus de quotidien régional du tout !
